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La place des activités génératrices de revenus dans la stratégie de lutte contre le VIH SIDA à Sarh

Le développement d’activités génératrices de revenus par des populations en difficulté pour améliorer leur situation est une préoccupation ancienne des associations de solidarité internationale soucieuses d’aider ces personnes à sortir de l’assistance et retrouver leur dignité. La pandémie du SIDA a eu pour conséquence de multiplier les personnes en situation difficile :

  • Des femmes se sont retrouvées veuves avec des enfants à charge.
  • Des familles prennent en charge des orphelins.
  • Les malades ont besoin de ressources pour financer leur traitement en plus de leur vie quotidienne, d’autant que souvent ceux qui avaient un travail l’ont perdu à cause de la maladie.

Au Tchad la stratégie nationale de lutte contre le SIDA prévoit l’appui au développement d’activités génératrices de revenus.
Ces activités trouvent leur place dans le système économique existant et répondent au jeu de l’offre et de la demande. Si le tissu économique est dynamique, de nouvelles offres trouveront preneur. Si les gens ont peu d’argent, il leur est difficile de développer de la demande nouvelle. C’est le cas du Tchad, où la population est toujours confrontée aux retards de paiement des fonctionnaires (qui sont la catégorie de population ayant le plus de liquidités dans ce pays à dominante agricole et où une partie des paysans ont attendu en vain l’an dernier qu’on vienne leur acheter le coton qu’ils ont cultivé et n’ont donc plus aucune liquidité).

Cependant, à Sarh, l’accompagnement global des personnes vivant avec le VIH SIDA (PvVIH) a beaucoup progressé depuis deux ans, grâce à des associations dynamiques et un centre de soin remarquable à Maïngara qui suit 800 personnes atteintes.
Certaines associations ont déjà en 2005 reçu une aide du FOSAP (des fonds de la Banque Mondiale et du Fonds global). Il s’agit souvent d’aide ponctuelle de quelques dizaines d’euros afin de permettre de lancer une petite activité. Mais le suivi n’était pas prévu dans ce premier programme et il est difficile d’en évaluer les résultats.

Un autre projet est en cours au centre de Maïngara. L’assistant social a identifié 24 personnes suivies au Centre et les a regroupées par quartier pour leur expliquer comment mener une activité (notions de gestion). Puis les personnes elles-mêmes ont choisi chacune leur activité en fonction de leurs compétences et de leur connaissance du marché. Certaines activités comme la fabrication de la bière locale ont été cependant interdites.
Un financement obtenu au SCAC par L’APPEL-Durance lui a permis, une fois les projets conçus, de prêter 25 000 FCFA à chacun. L’assistant social passe régulièrement chez chacun voir où il en est et recevoir les remboursements. Six mois après le début de l’opération, on a un taux de remboursement de 60 % et l’assistant social commence à préparer un second groupe de 32 personnes, mais il va essayer de continuer à suivre le premier groupe qui maintenant doit pouvoir augmenter sa capacité à prendre en charge le traitement.

Lors du colloque initié par L’APPELDurance, qui a rassemblé 45 acteurs de l’accompagnement global des PvVIH à Sarh, les 19 et 20 janvier derniers, les associations concernées ont tenté d’établir une liste d’activités qui seraient un peu plus rentables que d’autres. Il s’agit de la vente des condiments, du poisson frais ou fumé, de gâteaux et beignets, de kissah (crêpes), de charbon de bois, de céréales au détail, de tourteaux d’arachide, d’huile de karité, donc beaucoup de transformation de produits locaux mais aussi l’enregistrement et la vente de cassettes, la broderie et le tricot, la menuiserie, la vente de journaux ou de préservatifs. L’idée est aussi de créer des activités plus importantes au niveau des associations telles que cybercafé, café santé, ou mutuelle. Et surtout elles ont exprimé l’intérêt de davantage se concerter et de mieux se coordonner pour éviter que les mêmes personnes bénéficient de plusieurs aides alors que d’autres ne sont identifiées par aucune association.
Une dynamique locale existe mais pourra- t-elle se consolider dans ce pays où la misère économique est de plus en plus grande alors que coule le pétrole ?

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.