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L’Hôpital de Bangwa

Avec Hubert Chegaray et Dominique Petit, nous sommes allés en mission au Cameroun au milieu du mois de décembre 2005.

Le Cameroun est situé dans l’Afrique Centrale, juste au Nord de l’Equateur, de surface à peine inférieure à celle de la France. A l’Ouest il s’ouvre sur le golfe de Guinée. Au Nord-Ouest c’est la zone montagneuse où se situe Bangwa, à 260 km de Douala et 4 heures de route. Au Nord, qui jouxte Tchad et Nigéria, c’est déjà le climat sahélien...

C’est un pays multiethnique (200 ethnies) et dans l’Ouest nous travaillons avec les Bamilékés et les Bamouns.
On trouve au Cameroun 40% de chrétiens, 40% de croyants "traditionnels" et 20% de musulmans.
Il y a un peu plus de 16 millions d’habitants. Le PNB était en 2002 au 175ème rang sur 227 pays, bien au-dessous de ce que laisseraient espérer ses ressources naturelles.
D’après la dernière statistique effectuée par le GTZ (organe de la Coopération allemande), il y aurait 400 000 séropositifs du VIH/Sida au Cameroun.

Sur les 400 000, 80 000 relèveraient de la trithérapie, et seulement 13 000 sont traités. Il faut ajouter que ce sont surtout les malades habitant les grandes villes, Yaoundé, Douala et Bafoussam dans l’Ouest, qui sont traités actuellement.

Quel objectif à Bangwa ?

Notre objectif, avec nos partenaires de Bangwa, est la décentralisation du traitement du sida : que tous les malades de cette zone rurale puissent être suivis et recevoir la trithérapie quand elle est indiquée.

L’hôpital de Bangwa est financièrement autonome et doit trouver les ressources nécessaires à son fonctionnement. Les consultations y sont payantes de même que les médicaments et les analyses, qui sont chers. Le patient doit payer avant d’être soigné sauf dans les hôpitaux confessionnels. A Bangwa les patients peuvent être soignés avant de payer mais sont retenus jusqu’au moment où ils se seront acquittés de leurs dettes, sauf s’ils s’évadent en laissant leurs affaires derrière eux pour tromper la surveillance.

L’hôpital de Bangwa est un établissement de 350 lits, dont la moitié en moyenne est utilisée. Les bâtiments sont anciens mais entretenus. L’hôpital est pavillonnaire et les pavillons sont reliés par des galeries couvertes bien utiles pour la circulation lors de la saison des pluies. Devant la maternité où l’attente est parfois longue (naissance oblige) la télévision offerte par L’APPEL pour la prévention du SIDA, en utilisant des cassettes ad hoc, attire la foule quand il y a match de foot et crée l’ambiance !

Quels sont les moyens d’action ?

Les médecins sont au nombre de 4 :

  • Médecin-chef, Docteur Jean-Claude HENANG, diplômé de Médecine de Santé Publique de Louvain et Chef du Service Technique de l’OEuvre Médicale de l’Eglise Evangélique du Cameroun pour l’ensemble du pays. C’est un homme dynamique, sympathique, très au fait des besoins sanitaires de sa région avec une vision globale des problèmes liée à sa position. Il est courageux et n’arrête pas d’arpenter le pays pour participer à toutes les réunions qui pourraient aider son secteur à se développer.
  • Docteur Alex CAMDEN, gynécologue obstétricien formé à Abidjan, s’occupe aussi des nouveau-nés de la maternité et s’intéresse manifestement à la PTME (Prévention de la Transmission Mère- Enfant)
  • Le Docteur TIMA, médecin généraliste interniste (c’est-à-dire qu’il est compétent pour toutes les maladies générales).
  • Et un chirurgien que nous n’avons pas rencontré car il était absent.

Il y a en plus 2 internes, jeunes médecins en formation.

L’hôpital comporte un service de médecine, un service de chirurgie, une maternité, un service de pédiatrie. Les enfants sont soignés par les médecins de l’hôpital mais il n’y a pas de pédiatre. Il y a en plus un service de tuberculeux.

L’équipe qui prend en charge les patients concernés par le VIH est composée en plus des médecins de :

  • Déo Gratias HABARUREMA, Docteur en pharmacie, très investi dans cette prise en charge depuis des années. Il tient des statistiques précises d’où il ressort que la prévalence moyenne dans cette région est de 8-9% si l’on regarde les donneurs de sang.
  • Victor KOMBO, laborantin, est lui aussi très motivé pour continuer et améliorer les soins et pouvoir faire plus d’examens complémentaires pour suivre les patients. L’équipe demande que l’hôpital soit équipé d’un compteur à CD4 (le nombre des CD4 permet de poser ou non l’indication d’un traitement antirétroviral, et d’en contrôler l’efficacité). Nous faisons actuellement une étude de marché pour savoir celui qui serait le plus adapté (prix et surtout approvisionnement en réactifs et maintenance).
  • La PTME est assurée par Esther NGO MBOG, grande dame dans tous les sens du terme, sage-femme major de la maternité. C’est une personne de grande qualité qui fait un travail d’information et de dépistage acharné avec une grande finesse, dans une main de fer. Elle est un élément indispensable au bon fonctionnement de ce réseau local. Elle accueille les visiteurs étrangers avec beaucoup de gentillesse malgré un emploi du temps très chargé. Esther est joignable jour et nuit et, comme une part du personnel de l’hôpital, elle habite sur le site dans une maison située sur l’une des collines qui surplombent l’hôpital, entourées de cultures. C’est un joli paysage rural.
  • Et tous ceux que nous ne pouvons tous citer, très engagés dans la lutte contre le VIH.

Le Docteur Dominique Petit travaille à Bangwa depuis des années. Il aide l’hôpital à organiser des formations autour du VIH, grâce aux subventions qu’il recherche.

Toute l’équipe de cet hôpital entretient des liens étroits avec le Docteur Dominique Petit, devenu leur ami. Ceci rend les missions à Bangwa particulièrement attachantes et je suis prête à y retourner... pour connaître aussi toutes les autres actions de L’APPEL développées à Douala et Yaoundé.

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.