Avec Marie-Bernard Couture, nous rentrons d’une mission qui s’est déroulée du 4 au 18 novembre. On nous dit :
Qu’allez-vous faire là-bas alors que la fracture sociale est à votre porte ?
C’est que, comme l’a dit Jean-Jacques, "on aime les Tartares faute d’aimer son voisin".
Aimez-vous les Camerounais ?
Oui, car nous leur avons beaucoup donné, ils nous ont beaucoup donné, et nous travaillons avec eux la main dans la main, en partenariat.
Etes-vous animés par la charité ?
Cela nous arrive, mais nous évitons l’assistance qui grandit sans doute celui qui donne, mais n’aide pas de façon pérenne.

- Entretien avec le docteur Déogratias HABARUREMA, responsable des actions sida
à l’hôpital de Bangwa dans le laboratoire de celui-ci.
Que faites-vous au Cameroun ?
Nous y sommes depuis 15 ans. Nous soutenons le dispensaire de Bojongo avec Marie Takougoum, et notamment son atelier de couture. Et diverses associations de Douala.
Mais depuis six ans notre activité s’est concentrée sur l’Hôpital Protestant de Bangwa situé dans la région montagneuse et volcanique de l’Ouest. Hôpital fondé en 1931 par les blancs colonisateurs. Avec les docteurs Jean-Claude Henang et Deogratias Habarurema nous y faisons la prise en charge globale du sida, principalement axée sur la mère et l’enfant. La population du département du Ndé, qui dépend de l’hôpital, compte 150.000 habitants. Et la proportion des personnes habitées par le virus du sida est d’environ six pour cent.
Dépistage, prévention de la transmission mère-enfant, prescription de la trithérapie aidée d’un soutien psychosocial et alimentaire. C’est un grand défi que de viser l’observance, gage de l’efficacité du traitement.
Il s’agit d’une population éloignée des circuits routiers et commerciaux, pauvre. Elle peine à payer les déplacements et les soins, quels que soient les efforts pour en diminuer le prix.
Comment financez-vous vos opérations ?
Des fondations ont apprécié notre travail et nous ont soutenus : association Caisse des Dépôts - Tiers Monde, fondation Glaxo-Smith-Kline, fondation Air France, et nous les remercions ici. Nous cherchons à intéresser des donateurs camerounais.
Mais nous apprécions surtout l’aide des adhérents de L’APPEL, car ils sont avec nous. C’est ainsi qu’en payant le traitement d’une femme enceinte séropositive vous pouvez sauver un nouveau-né de la contamination. Qui résisterait à cet appel ?
Rapport établi avec la collaboration des docteurs Jean-Claude Henang et Deogratias Habarurema.