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Les droits de l’enfant au Cameroun

Au Cameroun, notre action pour la défense des droits de l’enfant s’exerce de façon globale, mais aussi principalement dans le domaine du sida.

Droit à la santé

En dehors du sida, que nous verrons plus loin, la première cause de mortalité est le paludisme, suivi par les maladies respiratoires, les diarrhées... On sait que la réhydratation orale a une influence très positive sur la prévention et le traitement des déshydratations. Notre objectif est de le diffuser au maximum.
Les parents disposent d’une certaine offre de soins. Mais comme ils sont très pauvres, en cas de maladie, ils vont attendre. Puis ils consultent le tradipraticien ou une officine dont l’action est limitée à la délivrance d’un médicament. Ce n’est qu’en dernier ressort qu’ils vont à l’hôpital. Hélas leur parcours n’est pas terminé car, le plus souvent, l’enfant n’aura pas de traitement s’ils ne l’ont déjà payé. Et beaucoup d’enfants vont mourir ainsi faute de soins.

C’est tout à l’honneur de notre partenaire l’Hôpital de Bangwa de traiter d’emblée l’enfant, quitte à garder ensuite la famille en otage jusqu’au règlement des comptes.

Droit à la nourriture

L’enfant a droit à manger, et à boire une eau saine. Mais il a surtout droit à une bonne nutrition, c’est-à-dire à un régime équilibré comprenant notamment des protéines, des sels minéraux et des vitamines. Or il est étonnant que la région de l’Ouest, où nous travaillons, soit à la fois la plus riche du pays sur le plan agricole, et celle où il y a le plus de malnutrition.
Grâce à des subventions de la Fondation GSK, nous pouvons donner des suppléments alimentaires aux plus malnutris ou aux plus démunis.
Notre effort porte aussi sur l’éducation nutritionnelle des familles, mais également sur des projets d’activités génératrices de revenus pour améliorer le rendement de l’agriculture et apporter une aide plus globale à la population.

Droit à l’école

Là aussi la fréquentation de l’école est limitée par la possibilité de payer l’écolage. Notre rôle est de lutter dans ce domaine. Il y a notamment beaucoup à faire pour que les filles aient l’égalité d’accès à l’enseignement, ce qui est loin d’être le cas.

Droit à un soutien juridique

Dans un monde marqué par le grand nombre d’orphelins (voir plus loin le sida), il faut veiller à ce que les droits de l’enfant soient connus et défendus. Là où le lévirat a cours, il faut veiller à ce que le frère du défunt, en même temps qu’il hérite de la femme de celui-ci, assure la prise en charge de ses enfants orphelins.

Pour assurer ce soutien l’hôpital de Bangwa, avec lequel nous prenons en charge le sida de l’enfant, devrait dans l’avenir s’assurer la collaboration d’un conseiller juridique.

Droit à la protection contre certaines pratiques traditionnelles

Certaines de ces pratiques sont bien connues :
Il s’agit des mutilations sexuelles des filles dont l’excision est la plus répandue. Celles-ci sévissent dans les provinces de l’extrême Nord et du Nord Ouest du pays. Elles font l’objet d’une campagne de lutte du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille.
En outre, nous sommes atterrés par une autre tradition, le "repassage des seins". Cette pratique est peu connue, quoique très répandue. Elle touche une fille sur quatre, davantage dans les villes que les villages, et a pour objectif de retarder le développement de leur poitrine, dans le but de reculer leur activité sexuelle.
Réalisée avec un pilon ou une coque de noix de coco chauffées au feu, ou une pierre plongée dans l’eau bouillante, appliquée sur les seins. Cela a bien sûr des effets néfastes tant sur le plan physique que sur le plan psychologique.

Le réseau national des tontines a lancé en mai 2006 une campagne de sensibilisation contre cette coutume, en liaison avec notre correspondant, le docteur Flavien Ndonko, représentant de GTZ pour la santé, avec ce slogan "les seins, c’est un don de Dieu, laissons-les pousser naturellement."

A l’origine de cette pratique traditionnelle, il y a la crainte que la jeune fille n’entre prématurément dans la vie sexuelle. Elle justifie une action d’information que nous devons développer pour éviter grossesse et/ou contamination précoces, lesquelles peuvent survenir dès le premier rapport.

Droit à la protection des personnes handicapées

Les enfants handicapés sont moins informés des dangers auxquels ils sont exposés, moins aptes à bénéficier des aides, et davantage exposés aux contaminations et à la stigmatisation.
Ils ont donc droit à notre aide, notamment dans la prise en charge du VIH sida.

Notre engagement au Cameroun dans la lutte contre le sida de l’enfant nous conduit à défendre ses droits dans tous les domaines.

Droit à la vie en premier lieu

Sans suivi, une femme séropositive a un risque sur trois de transmettre la maladie à son enfant. La prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME) est un impératif. Nous y sommes engagés depuis 2002 à Bangwa mais pour l’ensemble du Cameroun, seulement 4,2 % des femmes enceintes bénéficient de cette prise en charge.

Droit à la trithérapie

Là aussi, Bangwa est engagé dans cette voie et son expérience lui a valu d’être nommé Unité de Prise en Charge (UPEC). La trithérapie est encore mal adaptée à l’enfant (manque par exemple de médicaments à usage infantile). Et seulement 10 % des enfants qui releveraient de ce traitement au Cameroun sont actuellement pris en charge.

Les orphelins du sida

C’est un énorme problème auquel sont confrontées notamment les associations de séropositifs que nous soutenons à Douala.
Le lien entre le décès des parents et le sida est loin d’être toujours établi. C’est pourquoi on préfère parler des OEV (Orphelins et Enfants Vulnérables), ce qui désigne les enfants isolés ou en difficulté, sans préjuger de la cause de leur situation. Cela permet de diminuer la stigmatisation et de restaurer l’honorabilité de ces enfants.

Il convient, pensons-nous :

  • d’anticiper la solution des problèmes et de défendre les droits de l’enfant avant le décès des parents,
  • et bien sûr, d’offrir un soutien psychosocial à ces familles et les aider à informer les enfants de leur statut sérologique, étape difficile mais décisive dans leur évolution.
  • vérifier que les jeunes participent pleinement à la solution de leurs problèmes

Au total, tous nos efforts tendent à ce que les enfants dont nous avons la charge avec nos partenaires soient protégés, aidés, traités, nourris et instruits. Mais plutôt qu’assistés, ils doivent être informés, responsabilisés, et préparés à prendre, encore tout jeunes, la relève de la génération de leurs parents fauchée par la pandémie du sida.

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.