Les droits de l’enfant au CamerounAu Cameroun, notre action pour la défense des droits de l’enfant s’exerce de façon globale, mais aussi principalement dans le domaine du sida. Droit à la santé En dehors du sida, que nous verrons plus loin, la première cause de mortalité est le paludisme, suivi par les maladies respiratoires, les diarrhées... On sait que la réhydratation orale a une influence très positive sur la prévention et le traitement des déshydratations. Notre objectif est de le diffuser au maximum.
C’est tout à l’honneur de notre partenaire l’Hôpital de Bangwa de traiter d’emblée l’enfant, quitte à garder ensuite la famille en otage jusqu’au règlement des comptes. Droit à la nourriture L’enfant a droit à manger, et à boire une eau saine. Mais il a surtout droit à une bonne nutrition, c’est-à-dire à un régime équilibré comprenant notamment des protéines, des sels minéraux et des vitamines. Or il est étonnant que la région de l’Ouest, où nous travaillons, soit à la fois la plus riche du pays sur le plan agricole, et celle où il y a le plus de malnutrition.
Droit à l’école Là aussi la fréquentation de l’école est limitée par la possibilité de payer l’écolage. Notre rôle est de lutter dans ce domaine. Il y a notamment beaucoup à faire pour que les filles aient l’égalité d’accès à l’enseignement, ce qui est loin d’être le cas. Droit à un soutien juridique Dans un monde marqué par le grand nombre d’orphelins (voir plus loin le sida), il faut veiller à ce que les droits de l’enfant soient connus et défendus. Là où le lévirat a cours, il faut veiller à ce que le frère du défunt, en même temps qu’il hérite de la femme de celui-ci, assure la prise en charge de ses enfants orphelins. Pour assurer ce soutien l’hôpital de Bangwa, avec lequel nous prenons en charge le sida de l’enfant, devrait dans l’avenir s’assurer la collaboration d’un conseiller juridique. Droit à la protection contre certaines pratiques traditionnelles Certaines de ces pratiques sont bien connues :
Le réseau national des tontines a lancé en mai 2006 une campagne de sensibilisation contre cette coutume, en liaison avec notre correspondant, le docteur Flavien Ndonko, représentant de GTZ pour la santé, avec ce slogan "les seins, c’est un don de Dieu, laissons-les pousser naturellement." A l’origine de cette pratique traditionnelle, il y a la crainte que la jeune fille n’entre prématurément dans la vie sexuelle. Elle justifie une action d’information que nous devons développer pour éviter grossesse et/ou contamination précoces, lesquelles peuvent survenir dès le premier rapport. Droit à la protection des personnes handicapées Les enfants handicapés sont moins informés des dangers auxquels ils sont exposés, moins aptes à bénéficier des aides, et davantage exposés aux contaminations et à la stigmatisation.
Notre engagement au Cameroun dans la lutte contre le sida de l’enfant nous conduit à défendre ses droits dans tous les domaines. Droit à la vie en premier lieu Sans suivi, une femme séropositive a un risque sur trois de transmettre la maladie à son enfant. La prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant (PTME) est un impératif. Nous y sommes engagés depuis 2002 à Bangwa mais pour l’ensemble du Cameroun, seulement 4,2 % des femmes enceintes bénéficient de cette prise en charge. Droit à la trithérapie Là aussi, Bangwa est engagé dans cette voie et son expérience lui a valu d’être nommé Unité de Prise en Charge (UPEC). La trithérapie est encore mal adaptée à l’enfant (manque par exemple de médicaments à usage infantile). Et seulement 10 % des enfants qui releveraient de ce traitement au Cameroun sont actuellement pris en charge. Les orphelins du sida C’est un énorme problème auquel sont confrontées notamment les associations de séropositifs que nous soutenons à Douala.
Il convient, pensons-nous :
Au total, tous nos efforts tendent à ce que les enfants dont nous avons la charge avec nos partenaires soient protégés, aidés, traités, nourris et instruits. Mais plutôt qu’assistés, ils doivent être informés, responsabilisés, et préparés à prendre, encore tout jeunes, la relève de la génération de leurs parents fauchée par la pandémie du sida. |