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Réflexion sur le transfert de compétences

Notre métier de travailleur social nous amène quotidiennement à rechercher comment aider les personnes que nous accompagnons à développer leurs propres compétences afin de construire leur vie personnelle, sociale, familiale, professionnelle... en surmontant les difficultés qui les ont amenées à s’appuyer sur nous à certains moments.

Le travailleur social se pose en "formateur en développement des compétences" en utilisant diverses démarches éducatives. Nous vous les décrivons succinctement :

L’analyse du système de valeurs :
Il est très important, dans un processus de formation, de créer des opportunités pour favoriser l’expression des valeurs respectives portées par le formateur et par le bénéficiaire et l’échange sur ces valeurs. En pratique cela peut se passer à travers des discussions où le formateur invite et aide le formé à s’exprimer tout en partageant également les valeurs qui sous-tendent son travail.

L’enseignement d’un savoir :
Il est nécessaire d’adapter son enseignement selon les connaissances préalables du formé. L’enseignement peut être mené de façon interactive sous forme d’échanges entre plusieurs personnes formées.

La mise en application pratique :
Pour expérimenter concrètement et progressivement des savoirs anciens ou nouveaux le formateur a intérêt à mettre en place des possibilités de mises en pratique où il interviendra progressivement de moins en moins.

La médiation relationnelle organisée :
Les capacités de la personne à mettre ses compétences en oeuvre dépendent beaucoup de la qualité des interactions avec son entourage, concrètement cela se passe avec des visites, des rencontres, la participation à des colloques, la construction de projets collectifs.

L’engagement réciproque :
Il nous faut être attentifs à ne pas créer trop de dépendance chez les personnes aidées ; la mise en place de petits engagements réciproques entre la personne et son formateur lui permet d’avancer dans la construction de son projet.

Au Tchad, cette méthodologie nous a servi d’étayage pour nous situer dans les processus de formation que nous avons eu l’occasion de conduire : l’enjeu là-bas pour nous est de repérer quels sont parmi nos valeurs, connaissances, savoir faire, ceux qui seront pertinents pour contribuer modestement à l’acquisition de compétences utiles à nos partenaires. C’est pourquoi au début de chaque mission il nous faut privilégier du temps pour de l’échange avant d’arrêter le contenu et la méthodologie exacts de la formation.

Il est important que les échanges se fassent avec des acteurs des différents niveaux (autorités nationales dans ce domaine, responsables hiérarchiques locaux, acteurs de terrain...) afin d’avoir une idée d’ensemble du système dans lequel nos partenaires travaillent. L’enseignement sera choisi parmi ce que nous avons préparé une pédagogie active permettant des mises en application sous formes diverses (travail en groupes, jeux de rôle...). Nous tentons de jouer un rôle de catalyseur pour parfois débloquer le système de relations en place entre les acteurs du social par des échanges (par exemple entre des acteurs du secteur public et du secteur privé qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble).

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Aperçu de l’assistance, lors du 3ème colloque sur "l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH sida" à Sarh Tchad, coorganisé avec la Délégation régionale à l’Action sociale.

On peut aussi organiser avec un responsable hiérarchique local de journées d’études ou des colloques pour faire avancer la coopération sur un thème (ces dernières années par exemple l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH).

Engagements réciproques

La finalité de nos interventions est certes d’accompagner (un peu) le processus de développement de nos partenaires, cela ne se fait pas sans des engagements réciproques sur des projets. Chaque partie s’engage par écrit sur un descriptif des objectifs à atteindre et des moyens à mettre en oeuvre pour cela. On est parfois inquiet au vu du résultat du projet contractualisé. A l’analyse, on s’aperçoit facilement si l’un ou les deux partenaires ne disposaient pas des moyens ou compétences nécessaires pour réaliser leur engagement ; mais souvent un autre élément plus implicite joue un rôle important, c’est la question des valeurs respectives des partenaires qui peuvent s’avérer très différentes voire contradictoires, et prendre le dessus au cours de la réalisation du projet.

C’est pourquoi nous avons fait le choix de nous engager (en particulier financièrement) seulement avec des partenaires avec qui nous avons déjà travaillé en commun sur nos valeurs respectives et le partage de nos compétences à travers des échanges, actions de formation, colloques...

Nous avons toujours à apprendre sur eux et sur nous-mêmes. Ce travail nous aide, nous l’espérons, à renforcer nos propres capacités à développer une bonne réciprocité avec nos partenaires tchadiens.

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.