Réflexion sur le transfert de compétencesNotre métier de travailleur social nous amène quotidiennement à rechercher comment aider les personnes que nous accompagnons à développer leurs propres compétences afin de construire leur vie personnelle, sociale, familiale, professionnelle... en surmontant les difficultés qui les ont amenées à s’appuyer sur nous à certains moments. Le travailleur social se pose en "formateur en développement des compétences" en utilisant diverses démarches éducatives. Nous vous les décrivons succinctement : L’analyse du système de valeurs :
L’enseignement d’un savoir :
La mise en application pratique :
La médiation relationnelle organisée :
L’engagement réciproque :
Au Tchad, cette méthodologie nous a servi d’étayage pour nous situer dans les processus de formation que nous avons eu l’occasion de conduire : l’enjeu là-bas pour nous est de repérer quels sont parmi nos valeurs, connaissances, savoir faire, ceux qui seront pertinents pour contribuer modestement à l’acquisition de compétences utiles à nos partenaires. C’est pourquoi au début de chaque mission il nous faut privilégier du temps pour de l’échange avant d’arrêter le contenu et la méthodologie exacts de la formation. Il est important que les échanges se fassent avec des acteurs des différents niveaux (autorités nationales dans ce domaine, responsables hiérarchiques locaux, acteurs de terrain...) afin d’avoir une idée d’ensemble du système dans lequel nos partenaires travaillent. L’enseignement sera choisi parmi ce que nous avons préparé une pédagogie active permettant des mises en application sous formes diverses (travail en groupes, jeux de rôle...). Nous tentons de jouer un rôle de catalyseur pour parfois débloquer le système de relations en place entre les acteurs du social par des échanges (par exemple entre des acteurs du secteur public et du secteur privé qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble).
On peut aussi organiser avec un responsable hiérarchique local de journées d’études ou des colloques pour faire avancer la coopération sur un thème (ces dernières années par exemple l’accompagnement des personnes vivant avec le VIH). Engagements réciproques La finalité de nos interventions est certes d’accompagner (un peu) le processus de développement de nos partenaires, cela ne se fait pas sans des engagements réciproques sur des projets. Chaque partie s’engage par écrit sur un descriptif des objectifs à atteindre et des moyens à mettre en oeuvre pour cela. On est parfois inquiet au vu du résultat du projet contractualisé. A l’analyse, on s’aperçoit facilement si l’un ou les deux partenaires ne disposaient pas des moyens ou compétences nécessaires pour réaliser leur engagement ; mais souvent un autre élément plus implicite joue un rôle important, c’est la question des valeurs respectives des partenaires qui peuvent s’avérer très différentes voire contradictoires, et prendre le dessus au cours de la réalisation du projet. C’est pourquoi nous avons fait le choix de nous engager (en particulier financièrement) seulement avec des partenaires avec qui nous avons déjà travaillé en commun sur nos valeurs respectives et le partage de nos compétences à travers des échanges, actions de formation, colloques... Nous avons toujours à apprendre sur eux et sur nous-mêmes. Ce travail nous aide, nous l’espérons, à renforcer nos propres capacités à développer une bonne réciprocité avec nos partenaires tchadiens. |