A KOUMOGO pour équiper le Centre Culturel, les trois mois du séjour de travail nous ont confrontés autant à la question " où trouver la compétence " que " comment transmettre la compétence ".
Formation de deux bibliothécaires
Après beaucoup de retard, la construction du Centre Culturel de Koumogo est terminée.
Avec l’Association ADACSEK, présidée par Rim MADJITA, l’objectif était clair depuis des mois déjà, il s’agissait d’équiper le Centre Culturel, tout neuf. Parmi tous les travaux qui se présentaient, la mise en place de la bibliothèque avec les 2,5 tonnes de livres d’enseignement et romans, représentait le plus gros du travail. Concevoir et réaliser les équipements, organiser la bibliothèque, former des bibliothécaires, sont des tâches qui demandent des compétences pratiquement inexistantes dans cette région du fin fond de la savane tchadienne où les professeurs enseignent sans livres.
Une équipe de volontaires d’une dizaine de personnes a été réunie par les responsables de l’ADACSEK et le Père David, Curé de la paroisse, pour commencer le travail de traitement des livres.
Guidés par le coordinateur des actions culturelles du BELACD, Monsieur BOUCROU, nous avons pris comme référence d’organisation la bibliothèque Don Bosco de Sarh. Le fait de copier une organisation qui donne satisfaction et qui fonctionne au Tchad a stimulé l’enthousiasme de certains de nos amis tchadiens pour s’impliquer dans cette opération.
Après plusieurs visites détaillées à Don Bosco, en compagnie de nos partenaires, pour ce grand chantier de classement de 4500 livres encore dans les cartons, à exécuter en deux mois, il a été mis en place, au Centre Culturel de Koumogo, un travail à la chaîne inspiré des méthodes de l’industrie. Réparer, classer, étiqueter, coller, enregistrer étaient les opérations qui s’enchaînaient. Au début, ce travail tout neuf, si loin de leurs habitudes agricoles, amusait les jeunes. Nous leur avons accordé une récompense de 500 Fcfa par journée de travail. Le travail avançait dans la bonne humeur et avec régularité.
Très vite aussi et tout naturellement des personnalités se détachaient du groupe par leur sens pratique, la curiosité, la rigueur dans leur engagement. Ainsi François DJASRA, professeur auxiliaire d’anglais, et Jeudi MOUAMOUR, professeur " intégré " chargé de l’alphabétisation, faisaient l’unanimité et parvenaient à faire travailler le groupe en notre absence.
Les deux pressentis bibliothécaires ont également pris une part active dans la rédaction de la notice d’entretien et d’exploitation de l’installation d’électricité solaire, qui permet le fonctionnement du Centre Culturel après la tombée de la nuit, et dont ils auront la charge.
Le Comité de Gestion
Afin d’assurer le bon fonctionnement et la pérennité du Centre Culturel et par conséquent de la bibliothèque, un autre pôle de compétence et d’autorité devait être créé, le "Comité de Gestion", incluant les activités du groupement féminin, du groupement sportif et la bibliothèque.
Après discussions avec les responsables d’ADACSEK, le Père David et le coordinateur du BELACD, il était entendu que le Comité de Gestion du Centre Culturel devait disposer d’une grande autonomie pour la gestion et l’animation. Après l’élection du Comité de Gestion, et la nomination officielle des deux bibliothécaires, plusieurs séances de travail ont eu lieu pour établir un budget prévisionnel pour l’année 2006-2007.
Résultats
Par rapport aux prévisions établies, nous avons pu pointer en Février 2007, avec le Comité de Gestion :
- La peinture et l’aménagement de la salle de réunion sont réalisés
- La fermeture par claustras de l’espace sous le toit a été réalisée avec rigueur
- Les deux bibliothécaires ont été indemnisés comme prévu
- Le fonctionnement et la fréquentation de la bibliothèque sont jugés très satisfaisants. (entre 12 à 20 lecteurs par jour, principalement des élèves)
- Une fréquentation forte des professeurs qui sont les seuls autorisés à emporter les livres
- Les finances semblent conformes à l’attente, et seront officialisées lors de l’AG qui doit avoir lieu en Mai 2007.
Des points moins favorables et moins conformes à l’attente sont à noter :
- Les deux apprentis bibliothécaires (dont une fille) n’ont pas été sélectionnés comme prévu.
- Les professeurs ne viennent pas avec leur classe pour enseigner dans la salle de lecture.
- Le bibliothécaire Jeudi Mouamour a été muté à N’Djamena pour une promotion, et n’a pas encore pu être remplacé.
Il semble que nos partenaires aient quelques hésitations quand il s’agit de gérer ou choisir des personnes. C’est le gros problème recruter des acteurs, les aider à acquérir les compétences, et les garder ! Mais au global, les résultats sont positifs. Le centre culturel et sa bibliothèque servent vraiment aux usagers. Cela nous encourage pour nos prochaines missions et nos futurs projets.