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Les écoles à Koumogo, au Tchad.

Dans cette région Sara, la grande importance qu’attachent les parents à l’enseignement de leurs enfants en langue française est remarquable. Alors que l’école est payante, de 1500 à 5000 Francs CFA, soit 3 à 8 par élève et par année scolaire, en fonction du niveau, cela représente pour les parents un réel sacrifice, compte tenu du nombre d’enfants scolarisés par famille.
En fonction des revenus tirés des récoltes, les parents ont à faire des choix pour définir lequel des enfants n’ira pas à l’école en attendant une année meilleure. Souvent ce sont les petites filles qui font les frais de ces restrictions et attendent une nouvelle année pour espérer pouvoir retourner en classe et continuer leur scolarité.

Les écoles primaires

L’école primaire officielle comprend 5 classes pour 575 élèves (chiffres 2005), soit en moyenne 110 élèves par classe. La répartition, qui est de 258 filles contre 317 garçons, montre bien la priorité donnée aux garçons.
Une école primaire communautaire protestante fonctionne un peu à l’écart du village avec un nombre d’élèves par classe plus normal, de 30 à 40 enfants. Une classe communautaire catholique a débuté en 2006 avec 20 élèves. On peut admettre que le niveau moyen doit être supérieur à celui de l’école officielle dont les classes sont surchargées.

La disparité des niveaux de connaissance entre des élèves ayant fréquenté le même établissement est important, et en moyenne le niveau des filles apparaît plus faible que celui des garçons.

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Une classe primaire de l’école officielle de Koumogo : les enfants sont très nombreux avec leur maître Kambe Gaspard MONOKAOJA

Comment accéder au secondaire ?

Après l’école primaire, aux élèves doués, et qui par ailleurs ont la chance d’avoir des parents pouvant les soutenir, se présentent deux voies pour poursuivre les études dans le secondaire :

  • intégrer le Collège-Lycée de Koumogo, 524 élèves en 2006, avec 3 professeurs titulaires, 10 professeurs bacheliers, qui conduit jusqu’à la Première ; une Terminale A est en cours d’ouverture.
  • se présenter à l’examen d’admission du Collège-Lycée Charles Lwanga de Sarh. Créé et géré par les Jésuites, cet établissement représente la voie royale, sur le plan local mais aussi national.

Le niveau atteint

Pour avoir surveillé l’examen d’admission à Charles Lwanga, on a pu constater la différence de niveau important entre les élèves qui ont par ailleurs déjà fait l’objet d’une première sélection.
Dans le souci de tendre, pour l’admission, vers une parité entre garçons et filles, ces dernières semblent profiter d’un léger avantage. Cette discrimination positive traduit un souci de faire évoluer les femmes dans la société africaine. Dans cette expérience, le parcours remarquable d’une fille admise à Charles Lwanga confirme combien cette démarche peut être positive. Par contre, même si elle fréquente cet établissement élitiste, son père reste anxieux, dans la crainte qu’elle soit excisée. Malgré la position officielle du gouvernement contre la coutume, cette question reste taboue, et n’est pas abordée à l’école.

Autres enseignements

En marge de ce système éducatif, on note la présence d’une école coranique pour les 10% de la population musulmane. Par ailleurs, il existe aussi des cours d’alphabétisation en langue Sara, destinés aux adultes, principalement fréquentés par des femmes.

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.