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Nutrition et sida au Cameroun

Engagés dans la lutte contre le sida à Bangwa, dans la province de l’Ouest du Cameroun, nous avons naturellement pris en compte le problème de la nutrition.

Interaction nutrition et sida

Il existe une concaténation (enchaînement) entre nutrition et sida : celui-ci fait le lit de la malnutrition ; à son tour celle-là aggrave la maladie et précipite son évolution. Notre action vise à rompre ce cercle vicieux.

Quelle est la situation locale ?

Cette région montagneuse de l’Ouest est une des plus riches du pays au point de vue agricole. Et des études ont montré que, paradoxalement, c’était celle où la malnutrition était la plus présente.

Quels sont les obstacles ?

Il y a la pauvreté de plus en plus marquée des habitants.
Il y a le fait que les femmes vont travailler aux champs, laissant les enfants abandonnés à eux-mêmes.
Il y a surtout, comme dans bien d’autres pays, la méconnaissance des besoins de l’organisme en protéines, aliments de construction, au profit des hydrates de carbone, aliments énergétiques, et des lipides.
Il y a encore d’anciens tabous alimentaires empêchant par exemple de donner des œufs aux enfants (cela pourrait les empêcher de marcher ?).
Les aliments le plus souvent consommés sont les tubercules (manioc, taros, macabos, igname), la banane plantain, l’arachide, l’huile de palme.
Il faudrait plus de protéines. Soit végétales : haricot rouge, soja. Soit animales : viande de poulet ou cabri, poisson, œufs…

Quels objectifs poursuivons-nous avec nos partenaires ?

Ils sont de deux ordres : complémentation et éducation.

Les compléments sont nécessaires dans l’urgence et permettent de corriger la malnutrition établie. Avec l’aide financière du laboratoire GSK nous donnons des colis alimentaires aux malades hospitalisés, en priorité aux indigents.
Ils nous permettent aussi de donner du lait artificiel aux mères séropositives qui ont choisi de ne pas donner le sein pour éviter la contamination de leur enfant.

L’éducation nutritionnelle a une action préventive entrant dans le cadre d’un développement durable.
Ambitieux est son objectif d’apprendre aux malades, à leurs familles, mais en même temps à l’ensemble de la population les bases d’une alimentation équilibrée.

Pour la réaliser, nous avons fait récemment, avec l’aide de Sidaction, un séminaire de formation du personnel de l’hôpital à la prise en charge globale du sida où la nutrition occupait une place importante.

Les participants se sont enthousiasmés pour ce travail qui devrait se concrétiser dans l’hôpital par la mise en place d’une unité de diététique et la création d’une cuisine d’application.

L’information des malades et de leurs familles sera faite à une consultation de dépistage où l’on montrera des menus types équilibrés ; et dans la région par les groupes de pasteurs, de femmes, d’enseignants et de tradithérapeutes que nous souhaitons former pour constituer un réseau de prise en charge globale du sida.

Au-delà de leur rôle éducatif, si nous arrivons à ce que les habitants de la région contribuent aussi aux dons d’aliments, comme nous l’avons vu ailleurs, ce sera confirmer symboliquement que le sida, c’est l’affaire de tous.

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.