L’APPEL DRÔME au nord du BURKINA FASO : Les rencontres de l’espoirNous étions quatre "seniors" cette année 2009, venus de notre petite région, le Diois, face à un lourd programme dans le village de Karma, au nord de Ouahigouya (OHG), non loin du Mali. Petit rappel : Karma, perdu au bout d’une mauvaise piste, 1500 habitants musulmans, dont plus de 600 enfants, ne parlant pas français sauf 4 ou 5, pas d’eau potable au départ, pas d’électricité, pas de dispensaire, 90 % d’illettrés…
Un jour, le Docteur ZALA, pédiatre venu faire ses études à Lyon, est revenu à Ouahigouya, la " capitale " du nord, pour faire progresser la santé. Quittant l’Hôpital Public où l’esprit administratif le rebutait, il est parti de zéro pour trouver les moyens, avec des ONG françaises, de créer une clinique pour enfants.
L’AFBO Nous avons compris que toute formation passe par la sensibilisation, notamment celle des femmes. L’AFBO (Association des Femmes Burkinabé de Ouahigouya) nous aide depuis des années et nous lançons avec elle un vaste programme de 3 ans : lutte contre l’excision (déjà pratiquement stoppée), la polygamie, les mariages forcés ou précoces, l’exclusion des femmes fistulisées, la malnutrition, prévention du sida, du paludisme, espacement des naissances, hygiène (installation de latrines), etc.. Mais avec une population à 90% illettrée et face aux coutumes, ce n’est pas simple ! Nous rencontrons alors Germain et Adama, dit Job, animateurs de la troupe de théâtre l’ARCAN. C’est une association culturelle, 100% africaine, qui s’est donné pour tâche de sensibiliser par le THEATRE les villageois, et notamment les femmes et les enfants, sur tous les sujets qui les touchent. Tope-là !
Le bois de chauffage est de plus en plus rare dans ce pays et pourtant les foyers domestiques continuent tous, obligeant les femmes à aller chercher ce bois de plus en plus loin en brousse. Il est devenu primordial de réduire la consommation, mais comment ? Le four cuiseur Nous rencontrons Nicolas Sawadogo, jeune écologiste qui avec d’autres s’est juré d’aider ses compatriotes. C’est aussi un artisan qui perpétue toute sorte de symboles anciens en les peignant sur des " Bogolans ", sortes de pièces de tissu.
Le développement économique ! Il fait son chemin au village : eau potable avec le forage, production de légumes au jardin des femmes avec un nouveau système d’arrosage à l’étude, proposé par Boureima, un homme du village qui a appris beaucoup en Côte d’Ivoire, micro-crédits, céréales et moutons, tricotage bien au point maintenant, moulin à grains enfin réparé…
L’apiculture Là-dessus, rencontre à Koudougou avec Désiré Yameogo : l’homme du miel au Burkina ! Une histoire extraordinaire, un homme hors du commun qui veut prouver que le Burkina, un des pays les plus pauvres de la planète, peut s’en sortir. De dernier de sa classe il est devenu prof d’Allemand puis aidé par un correspondant français il a découvert les ruches. En travaillant l’été en France et en empruntant à Emmaüs, il a décroché l’accord de l’Ambassade de France pour créer un Centre de formation et de production apicole et une Fédération qui groupe maintenant 1600 producteurs ! Un formidable exemple pour la région. Et voilà Désiré qui dès le lendemain de notre rencontre et malgré son énorme charge de travail nous retrouve au village, à 200 km de chez lui. Réunion extraordinairement bien suivie et le charisme de Désiré a fait le reste. Un projet est né pour développer l’apiculture au village. La liste ne s’arrête pas là mais à travers ces quelques rencontres imprévues avec des gens généreux qui en Afrique cultivent avant toute chose le contact humain et l’échange, sans s’enfermer dans un " planning " ni se protéger derrière des barrières, vous pouvez toucher du doigt " qu’il y a de l’espoir en Afrique " ! Quant à nous, nous espérons que L’APPEL accueillera toujours ces " petits projets " au grand cœur, dont les résultats concrets sur le terrain, obtenus à peu de frais, apportent à des femmes et des enfants l’espoir qui les fait mieux vivre et l’ouverture sur le monde dont ils ont besoin… |