17 mars - 27 mars 2009 : Deux centres d’accueil pour enfants des rues soutenus par L’APPELC’est mon premier séjour sur le continent sud-américain et ma première mission dans le cadre de l’APPEL avec Anne, Claude, Dominique et Violaine. Première étape de quelques jours à Arequipa (1 million d’habitants). Le Hogar de Cristo est situé dans le centre historique de la " ville blanche " où l’on peut admirer de beaux édifices de l’époque coloniale bâtis en sillar, une roche volcanique claire qui scintille au soleil. À quelques centaines de mètres de là se trouve la Casa de la Niña Maria. Les enfants et adolescents parrainés par L’APPEL ont un long trajet à parcourir depuis la périphérie de la ville où réside leur famille. En effet, c’est en marge de la ville que se sont installées des populations pauvres venues des hauts plateaux, dans des quartiers informels et souvent de manière illégale. On parle de " las invasiones ". L’électricité y est parfois absente et il faut parcourir de longues distances pour avoir accès à l’eau. Dans la majorité des cas, les enfants vivent seuls avec leur mère.
Je ne ferai pas un inventaire exhaustif des aides matérielles qu’apporte le Hogar de Cristo aux enfants et aux adolescents. Je préfère vous faire partager mon enthousiasme sur les méthodes de travail des deux permanentes, leurs compétences et leurs qualités humaines. Leur professionnalisme s’est surtout révélé lors de nos " visites " aux mères, chez elles. Rosa est assistante sociale et Inès, qui partage la vie des filles de la Casa de la Niña Maria, est psychologue. Toutes deux prennent le temps d’écouter ces femmes parler de leurs difficultés, mais aussi de leurs espoirs. Les mères de famille sont impliquées dans le fonctionnement de Hogar de Cristo puisque deux mères préparent à tour de rôle les repas servis aux enfants. _ Les filles de la Casa de la Niña Maria rentrent chez elles en fin de semaine afin de garder un lien constant avec leur famille. Le but poursuivi est d’offrir la possibilité aux enfants de vivre une vraie vie d’enfant (scolarité, bien-être psychologique) sans les couper de leur famille. En entendant rire les filles dans le patio de la maison et en les regardant jouer comme toutes les autres filles de leur âge, je me dis que l’objectif sera atteint, même si les résultats ne peuvent être perceptibles que sur le long terme. Je souhaite également vous faire partager l’émotion de Dominique, en écoutant une maman raconter son parcours après plusieurs années d’aide et expliquer qu’actuellement sa famille a retrouvé l’espoir en l’avenir, même si leur situation reste précaire. Deuxième étape : Cuzco Première journée à 3 300 m d’altitude. Isabel, notre hôtesse, nous force au repos après une tasse de maté de feuilles de coca. Ainsi, aucune d’entre nous n’a connu le " mal des montagnes ".
L’APPEL, grâce à une aide ponctuelle de la Guilde du Raid, a participé au financement de l’atelier de menuiserie pour l’achat de machines à bois. Le vaste atelier est installé dans une zone artisanale et les conditions de sécurité et d’hygiène sont respectées. Le recrutement de Angel, un menuisier qualifié et passionné par son métier, mais surtout par l’encadrement des jeunes, a permis de stabiliser puis d’augmenter le nombre d’apprentis (assidus) à cinq. Impossible d’arrêter Angel lorsqu’il parle, toujours avec passion, de son travail avec les jeunes. En dehors de la fabrication de jeux éducatifs en bois dont la vente est saisonnière, l’atelier est désormais opérationnel et fabrique des meubles sur mesure. Pendant notre séjour, les jeunes passaient avec application le vernis sur la commande en cours. La difficulté actuelle réside en l’absence d’un stock suffisant de bois sec pour répondre à la demande des clients, mais le potentiel humain est là.
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