L'APPELprint

Doucement et sûrement la Tortue avance…

Le programme de construction de citernes familiales d’eau de pluie avance à grands pas : 110 nouvelles pour cette troisième année, un record. Cet important programme entre maintenant dans sa quatrième et dernière année.

Grâce à la caisse de solidarité qui peut remplacer la participation financière des familles, une douzaine de citernes sont attribuées chaque année aux plus pauvres, à condition qu’ils participent à trois réunions mensuelles consacrées à l’entretien des citernes et à l’éducation sanitaire, qui se tiennent dans chacune des 5 zones de l’île. Malheureusement ces séances ne concernent pas les personnes les plus défavorisées, le plus souvent illettrées et qui n’ont pas l’éducation minimale nécessaire pour comprendre l’intérêt de ces réunions.
Les responsables de l’association locale, les agents de santé, les Frères des écoles chrétiennes, toutes les personnes concernées par le développement, s’emploient à les convaincre. Nous espérons ainsi pouvoir leur attribuer quelques citernes d’ici la fin du programme. Ces travaux de construction, grâce à la subvention de l’Union Européenne et à l’aide de Pernod Ricard, ont permis de créer des emplois et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie de certains. Sans nouvelles subventions l’activité, bien antérieure à notre intervention, subsistera, mais le rythme ralentira alors que l’eau saine est encore insuffisante sur l’île.

Comme à l’accoutumée, nous avons parcouru l’île à pied et fait le tour des écoles parrainées. Théoriquement le gouvernement haïtien a pris des mesures visant à élever le niveau des professeurs des écoles privées (qui représentent 90% des écoles haïtiennes). Mais, pratiquement, aucune convention, et à fortiori aucune subvention, n’est prévue pour les écoles qui pour la plupart ne sont pas dotées de professeurs qualifiés. Néanmoins, pour certaines écoles privées, choisies mystérieusement (accointances politiques ?), une subvention de la Banque Mondiale a été votée pour 45 enfants en classe de 1ère année fondamentale (CE1), renouvelable pendant 3 ans pour 3 générations successives, avec nécessité d’embaucher un professeur du niveau requis. Cependant, 9 mois après cette décision ministérielle, la subvention n’est toujours pas versée, le professeur de CE1 n’est pas payé…

Enfin, en théorie, le Smic national devrait plus que doubler à 200 gourdes par jour (5 dollars US). Pratiquement cette augmentation ne peut être supportée par les familles qui assurent par l’écolage les salaires aux professeurs. Les frais de scolarité ou écolage de 300 dollars haïtiens par an (30 euros) sont à peine assurés par une famille sur deux…tant la situation économique reste difficile. C’est devant ces difficultés multiples que le parrainage collectif des enfants, choisis par le comité de gestion des écoles, aide au paiement du salaire des instituteurs. Merci à ceux qui nous aident dans cette entreprise.

A l’hôpital des Palmistes, la situation s’améliore doucement. La maternité doit être rénovée grâce à une subvention de l’association Roger Riou qui y travaille depuis 40 ans. Mais l’hôpital est peu fréquenté et nous travaillerons à l’éducation des femmes pour un accouchement plus sécure à l’hôpital, notion actuellement étrangère à la plupart, qui préfèrent faire confiance aux matrones. Enfin, nouveauté intéressante, le dépistage du VIH se fait systématiquement chez toutes les femmes enceintes qui consultent avec possibilité d’adresser, si nécessaire, les femmes sur la "grande terre" pour la PTME (Prévention de la Transmission Mère Enfant).

Les citernes poussent, les écoles tiennent, le personnel soignant assure, nous avons toujours autant de plaisir à les rencontrer, nous y retournerons !

http://www.lappel.org - L'appel au développement pour les enfants du monde.